Le Grand-Hôtel Dieu de Lyon est presqu’aussi connu que Notre-Dame de Fourvière. Il le sera bientôt tout autant, grâce à la rénovation titanesque dont il vient de faire l’objet. Avant d’être (r)ouvert au public depuis le 27 avril dernier, le vénérable édifice a bénéficié d’une réflexion approfondie sur ses nouvelles affectations et ce qu’il se devait d’offrir aux lyonnais et à ses visiteurs. Le résultat… comment dire… donne un peu envie d’aller y travailler, histoire d’avoir une bonne raison d’y flâner. 

 

Où il est prouvé que le Grand Hôtel-Dieu de Lyon à une âme

Le Grand Hôtel-Dieu (GHD), emblème de la presqu’île de Lyon, est reconnu comme une œuvre majeure de l’architecture sociale et humaniste du siècle des Lumières : inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1998, il a été classé au titre des monuments historiques français en 2011.

Le premier hôpital (dit hôpital du pont du Rhône) a été fondé par l’église au XIIe siècle, afin d’accueillir les pèlerins, d’où son emplacement en face du pont.En 1478, il est racheté par la ville de Lyon qui l’agrandit. À la suite d’autres travaux au XVIe, l’édifice prend le nom de Grand Hôtel-Dieu. Les travaux se poursuivent aux XVIIe puis XVIIIe, notamment sous la direction du fameux Jacques-Germain Soufflot (l’architecte de l’église Sainte-Geneviève de Paris : le Panthéon) : l‘allure monumentale de l’édifice et l’abondance des décors de la façade pourront paraitre ostentatoires… mais la fonction du grand dôme est aussi de permettre de ventiler les salles disposées autour. La structure accueille alors jusqu’à 1 400 lits et la qualité des soins prodigués s’avère excellente : on y meurt moins qu’à l’Hôtel-Dieu de Paris !

Au XIXe, l’hôpital se dote d’une école de médecine et acquiert une réputation internationale, reconnu comme précurseur tant pour ses interventions chirurgicales que médicales. Étienne Destot y réalise, en 1896, la première radiographie… dans la boutique désaffectée d’un bouquiniste située au rez-de-chaussée de l’Hôtel-Dieu (côté Rhône, pour les curieux). Une innovation qui sauvera les vies des blessés de la première guerre mondiale.

Devenu obsolète, l’édifice abritait encore 1 000 malades au début du XXe : il est question de détruire l’édifice (en ne conservant que la façade côté Rhône), pour financer la construction d’un hôpital moderne.

Le projet est alors stoppé in extremis par son inscription au titre des monuments historiques par le ministère de la Culture. Le Grand Hôtel-Dieu ne sera finalement définitivement fermé qu’en 2010. C’est le Crédit Agricole Assurances, en partenariat avec la Caisse Régionale de Crédit Agricole de Centre-Est qui est aujourd’hui propriétaire du site.

Dans l’histoire lyonnaise mais aussi l’imagerie locale, « GHD » incarne bien plus que l’hospitalité et respect de la vie : le site a toujours été un lieu dont la porte était, par définition, grande ouverte à tous, habitant, soldat ou voyageur.Il est aussi le symbole de l’innovation, l’excellence, et l’avenir (notamment parce que nombre de lyonnais y sont nés).

Où il est décidé que le Grand Hôtel-Dieu gardera son ADN

C’est le groupe Eiffage, qui décroche l’honneur et la responsabilité de la reconversion du Grand Hôtel-Dieu, avec une ambition affichée : « réinterpréter l’histoire et affirmer l’identité du lieu pour en perpétuer le sens ».
Les quatre priorités du projet seront alors les suivantes : ouvrir de nouveau l’ancien hospice… à tous les publics (jusqu’à 7 millions de visiteurs par an y sont attendus) ; recréer les cours et jardins d’autrefois afin d’en faire des espaces de détente ; mettre en valeur l’architecture et le patrimoine du bâtiment ; et enfin : proposer une mixité d’activités pour faire vivre le lieu de façon cohérente et innovante.

Afin de permettre à ces quelque 52 000 m² de vivre tout au long de l’année, d’être investis par un public le plus large possible et devenir un véritable lieu de vie pour les lyonnais, neuf typologies d’affectations sont déclinées : un cinquantaine de commerces (quatre thèmes : mode, design, gastronomie, beauté et bien-être) et restaurants, la Cité internationale de la Gastronomie, des bureaux, un espace de coworking de 4 000 m², un centre de conventions, un hôtel, des logements, 8000 m² de cours et jardins.

Taillé pour acquérir une dimension business internationale, tout en affirmant son identité, le projet ambitionne clairement de créer du frottement entre les populations, d’offrir des expériences à vivre tout au long du jour, au fil des besoins des travailleurs, promeneurs, riverains. En créant des espaces neufs en harmonie avec l’ancien ; en adossant commerces, espaces de détente, jardins et lieux de travail ; en plaçant le végétal en son centre, le Grand Hôtel-Dieu a vocation à devenir emblématique de ce que peut être la ville de demain (au même titre que le quartier réhabilité de la Part-Dieu), à savoir : expérientiel, multisensoriel, durable, respectueux… Vous avez dit durable ? Aujourd’hui, 30 % du site est constitué de bâtiments neufs (essentiellement la partie tertiaire) : la réglementation thermique 2012 y est bien entendu respectée. Mais les surfaces anciennes n’auront pas à rougir de leur consommation énergétique, puisque leurs 1400 menuiseries ont intégralement été changées.

Où il est certain que l’on continuera de travailler et innover au sein du Grand Hôtel-Dieu

Tout le projet a été pensé en termes d’expérience utilisateur (voir notre article page 3) de façon à enchanter le visiteur, lui rendre service et le fidéliser. Chaque affectataire a ainsi été trié sur le volet afin de faire du Grand Hôtel-Dieu un écrin dédié aux nouvelles expériences de shopping, avec la volonté de s’inscrire dans les nouvelles tendances de consommation : plus qualitatives, plus douces, plus étonnantes ou encore, personnalisables. C’est par exemple Grand Playground, concept store éphémère proposant aux marques du prêt-à-porter mais aussi du design, de l’art, des spécialités culinaires… de disposer de leurs propres espaces et mettre en avant leurs collections pour une durée de trois/quatre mois en pop-up store ; c’est le coffee shop Mokxa qui allie dégustation, vente et formation à la torréfaction ; ou le lyonnais Brochier Soieries, qui installe des ateliers sur ses techniques de fabrication au cœur de sa boutique…

Côté business et innovation : le projet de réhabilitation a prévu environ 13 000 m² de bureaux, dont 4 000 occupés par Nextdoor qui a eu la chance de se voir notamment attribuer (dans la partie protégée au titre des monuments historiques), la loge des fous et la salle Saint-Augustin. Deux espaces aussi emblématiques que somptueux. C’est donc dans une atmosphère hors-normes que les entreprises lyonnaises de toutes tailles pourront venir vivre, travailler et recevoir leurs clients. En se plaçant ainsi au cœur d’un écosystème résolument moderne, disruptif et désireux de repousser les limites de l’expérientiel, les futurs résidents de Nextdoor GHD mettront toutes les chances de leur côté. Quelles chances ? Celles de participer à l’animation et la réussite d’un grandiose projet de réhabilitation, d’ancrer la ville de Lyon dans la posture de laboratoire de la ville de demain, de tester et proposer une autre façon de vivre le travail, mais aussi de bénéficier du dynamisme et de l’émulation qui ne manquera pas de se créer au sein de GHD. Songez un peu, entre le centre de conventions, les quelques milliers de visiteurs quotidiens, la communauté Nextdoor qui vous suit où que vous soyez… cela devrait en faire, quelques opportunités ?

Où l’on devine que vous êtes curieux

Pour ceux qui aiment les anecdotes, surtout celles qui sont piquantes.
Découvrez les vidéos «Les Petites Histoires » : des chroniques méconnues ou insolites autour du Grand Hôtel-Dieu. www.grand-hotel-dieu.com/actualites/petites-histoires-grand-hotel-dieu-episode-1/

Pour les accros au shopping, demandez le programme.

Pour ceux qui aiment que l’on soit précis : l’histoire complète de la construction de GHD est ici.

Laëtitia Cognie pour Nextdoor Business Humanizer