Le point commun entre Napoléon, Emmanuel Macron et Thomas Edison ? Se lever avant les poules ! Les petites nuits sont-elles le secret de leur réussite ? On décrypte avec vous la tendance de la morningophilie et ses bénéfices sur votre productivité.

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Georges Washington, ou plutôt la traduction de sa célèbre phrase : « Early to bed and early to rise makes a man healthy, wealthy, and wise », équivalent en V.F. de « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », l’une des phrases favorites de Maurice Lévy, ex-patron de Publicis. Une fois qu’on a posé ça là, penchons-nous sur cette question sous-jacente : qu’avons-nous à gagner (au sens propre) à nous lever plus tôt ?

Ces lève-tôt fâchés avec leur oreiller mais pas avec le succès

L’impressionnante liste de grands patrons, auteurs, politiciens et autres illustres personnages qui affirment ne dormir que quelques petites heures par nuit laisse songeur. Emmanuel Macron ne dormirait que 3 à 5 heures selon des témoignages indirects. Son homologue américain Donald Trump ronflerait, lui, entre 1h30 et 3 heures par nuit (ceci expliquant peut-être cela ? Mais je m’égare). Léonard de Vinci avait un rythme étonnant : il ne dormait pas la nuit, et préférait faire des siestes de vingt minutes environ toutes les quatre heures, adoptant ce qu’on appelle un sommeil polyphasique. Ce qui ne fait tout de même que deux heures de sommeil par jour… Winston Churchill était célèbre pour ses nuits de cinq heures seulement : il se couchait à 3h, se levait à 8… (et s’offrait une sieste vers 17h).

Alors, peut-on réussir en dormant plus que deux heures ?

Ces petits dormeurs qui réussissent à dormir très peu sans ressentir de troubles de la concentration, de somnolence ou d’irritabilité appartiennent sans doute à l’infime portion de la population (1%), à qui la génétique a accordé des capacités hors norme de récupération. Quid des 99% restants ? Une étude réalisée par Home Arena , le n°1 de la vente de meubles (et notamment de lits) en ligne au Royaume-Uni, s’est intéressée aux habitudes de sommeil de leaders politiques et chefs d’entreprise. Soulagement, on y découvre que Jeff Bezos, Bill Gates, ou Tim Cook ont besoin de sept heures de sommeil pour se sentir en forme. Barack Obama, Marissa Mayer et Elon Musk tiennent la distance en dormant 6 heures par nuit. Ouf, on va pouvoir remettre notre bonnet de nuit…

Mais en y regardant de plus près, toutes les personnalités étudiées se lèvent avec le chant du coq, entre 4h (!!) pour les plus matinaux et 7h pour ceux qui traînent sous la couette. Pourquoi s’arracher si tôt aux bras de Morphée ?

Les bénéfices du miracle morning

Popularisé par l’auteur américain Hal Elrod dans son livre du même nom, le concept du miracle morning séduit de nombreux adeptes. Côté développement personnel, l’idée est de profiter de ce temps gagné sur sa journée pour s’occuper de soi. Méditation, sport, répétition d’affirmations positives, écriture d’un journal, réflexion sur ses objectifs de vie à court et moyen termes… sont autant de propositions faites par Elrod pour poser les bases d’une journée réussie et sereine. Il défend aussi l’idée que se lever avec les poules permet de révéler son « plein potentiel », et donc logiquement, de générer « une hausse des revenus ». Ah, nous y voilà !

Côté business, les patrons qui se lèvent dès potron-minet utilisent ce temps précieux pour se consacrer aux sujets requérant leur pleine concentration, et mettre à profit leurs capacités intellectuelles régénérées par le sommeil. Ils en profitent pour éplucher leurs e-mails, lire la presse, réseauter, poster sur leur blog, s’entraîner pour leur prochain marathon (revoilà la performance), etc… À l’heure où le commun des mortels regarde son café couler en bâillant, eux sont déjà à 200% de leurs capacités. Ils conserveront tout au long de leur journée cette confortable longueur d’avance qui fait d’eux des gens pas comme les autres. Formidable, tout ça. Alors pourquoi ne pas devenir morningophiles, nous aussi ?

La morningophilie, une habitude à adopter avec précaution

Se lever une heure plus tôt ne se décide pas sans rien changer à ses habitudes de vie (devenir Bill Gates ou Jeff Bezos non plus, d’ailleurs). Les adultes (hormis le fameux 1% évoqué plus haut) ont besoin en moyenne de six à neuf heures de sommeil par nuit, chacun ayant son propre seuil à partir duquel il se sent pleinement reposé. Accumuler une dette de sommeil met en danger notre santé et provoque de nombreux troubles. On peut tenir quelques semaines en faisant violence à son horloge circadienne, mais rapidement surviennent difficultés de concentration, irritabilité, anxiété, somnolence, qui ruinent tout le bénéfice du réveil aux aurores. La clé, c’est donc de calculer le nombre d’heures de sommeil dont on a besoin, et d’avancer l’heure de son coucher d’autant que celle du réveil. En bref, adopter une discipline rigoureuse et s’y tenir dans la durée.

Les outils pour apprendre à se lever tôt… à son rythme !

Profitez des vacances pour vous réveiller sans réveil pendant plusieurs jours, et calculez la durée moyenne de votre sommeil. Cela correspond peu ou prou à vos besoins naturels et vous donne un bon étalon. Vous n’avez peut-être pas le luxe de dormir autant que vous l’aimeriez, même en vacances (faites des enfants, qu’y disaient) ? On a la solution…

L’appli Je vais Bien dormir vous indique à quelle heure vous coucher pour bénéficier d’un nombre optimal de cycles de sommeil avant votre heure de réveil souhaitée. Si vous êtes du genre à snoozer dix fois votre réveil avant de réussir à vous extirper du lit, installez la redoutable appli Alarmy (dispo sur l’App Store et Google Play). Elle vous oblige à sortir de votre lit et photographier un lieu de votre domicile pour éteindre le réveil, et à secouer énergiquement votre téléphone pour ne pas vous rendormir debout.

Certaines personnes sont plutôt du soir que du matin, et éprouveront de grandes difficultés à se coucher tôt. Si vous en faites partie, devenir un(e) morningophile épanoui(e) nécessite de devenir adepte de la sieste. Ça tombe bien, elle est de plus en plus tendance au bureau. Vous n’avez plus qu’à essayer !

Sur ces bonnes paroles…

Après cet éloge du réveil matinal, je laisserai l’ouverture de fin à Oscar Wilde « Ils se lèvent tôt parce qu’ils ont beaucoup de choses à faire et se couchent tôt parce qu’ils n’ont rien à quoi penser ». Et je vous laisse méditer sur l’étrange rapport au temps de notre société, qui nous amène à considérer le sommeil comme un paramètre supplémentaire dans notre recherche de performance. Sur ce, dormez bien !

 

 

Article rédigé par Clémentine Garnier pour
Nextdoor, Business Humanizer